Cycle menstruel : comprendre les phases, les hormones et ce qui est normal

Compression de son cycle menstruel et en quoi la prise en charge en chiropraxie peut elle être indiquée

On résume souvent le cycle menstruel aux règles. Pourtant, il dure tout le mois et ses variations hormonales influencent l’énergie, le sommeil, l’humeur et parfois les douleurs. Comprendre comment il fonctionne aide à repérer ce qui est habituel pour vous, et ce qui mérite d’être exploré avec un professionnel de santé. Dans cet article, je vous explique le cycle simplement, puis la façon dont je l’intègre dans mon accompagnement au cabinet.

Qu’est-ce que le cycle menstruel ?

Le cycle menstruel commence le premier jour des règles et se termine la veille des règles suivantes. Il apparaît à la puberté et se poursuit jusqu’à la ménopause.

Schéma des phases du cycle menstruel : phase folliculaire, ovulation, phase lutéale

Sa durée est comprise entre 21 et 35 jours chez les femmes qui ne prennent pas de contraception hormonale. Les fameux 28 jours ne sont qu’une moyenne : un cycle un peu plus court ou un peu plus long reste tout à fait habituel, et sa durée peut varier de quelques jours d’un mois à l’autre.

Le cycle se déroule en trois temps : la phase folliculaire, l’ovulation et la phase lutéale. Ils sont orchestrés par un dialogue permanent entre le cerveau et les ovaires.

Qui pilote le cycle ? Le dialogue entre le cerveau et les ovaires

Le cerveau et les ovaires communiquent en permanence grâce à des hormones. Le cerveau envoie des signaux aux ovaires, qui produisent en retour deux hormones clés : l’œstradiol (un œstrogène) et la progestérone. Selon leur niveau, elles indiquent au cerveau d’accélérer ou de ralentir. C’est ce dialogue qui rythme tout le cycle.

Schéma des variations de l'œstradiol et de la progestérone au fil des phases du cycle menstruel

Les phases du cycle menstruel

Schéma de l'évolution du follicule dans l'ovaire selon les phases du cycle : croissance, ovulation et phase lutéale
La phase folliculaire : du 1er jour des règles à l’ovulation

Elle dure en général entre 12 et 18 jours, et c’est la phase dont la durée varie le plus d’une femme à l’autre.

Au début, les taux d’hormones sont bas. Dans l’ovaire, plusieurs petites poches contenant chacune un ovule en préparation commencent à grandir, mais une seule ira jusqu’au bout. Pendant ce temps, l’œstradiol augmente progressivement.

L’ovulation

Lorsque l’œstradiol atteint un niveau suffisamment élevé, il déclenche la libération de l’ovule mûr : c’est l’ovulation. Elle survient environ deux semaines avant les règles suivantes.

La phase lutéale : de l’ovulation aux règles suivantes

Après l’ovulation, l’ovaire sécrète beaucoup de progestérone, ainsi que des œstrogènes. Ces hormones préparent l’utérus à accueillir un éventuel embryon. Cette phase est généralement plus stable que la première, autour de 14 jours.

Sans fécondation, les taux d’hormones chutent et déclenchent les règles : un nouveau cycle commence.

Pendant ce temps, dans l’utérus

La muqueuse de l’utérus suit son propre rythme. Les règles l’évacuent, puis elle se reconstitue sous l’effet des œstrogènes, et s’épaissit sous l’effet de la progestérone pour accueillir un éventuel embryon.

Les règles : ce qui est habituel

  • Durée : elles durent le plus souvent de quelques jours jusqu’à 8 jours environ.
  • Quantité : environ 30 mL en moyenne par cycle, avec de grandes différences d’une femme à l’autre (de 5 à 80 mL). Le flux est le plus abondant le deuxième jour.
  • Aspect : le sang menstruel ne coagule normalement pas. La présence de caillots est surtout liée à un flux abondant.

Il est difficile de mesurer cela à la maison : ce qui compte surtout, c’est l’impact sur votre quotidien (voir plus bas).

Cycle, douleurs, énergie et sport

Femme qui suit son cycle menstruel sur une application pour mieux comprendre ses règles et ses hormones

Les variations hormonales ne se limitent pas à l’utérus. Beaucoup de femmes ressentent des changements d’énergie, de sommeil, d’humeur, d’appétit ou de sensibilité à la douleur au fil des phases : douleurs lombaires ou pelviennes autour des règles, fatigue, tensions musculaires, maux de tête… Ces ressentis varient énormément d’une femme à l’autre, et il n’existe pas de programme valable pour toutes : les données scientifiques sur le cycle et la performance sportive restent encore nuancées.

Mon conseil : observez votre propre cycle, avec une application ou un simple carnet. Notez les jours de règles, les douleurs, la fatigue, les baisses de forme. En quelques mois, des tendances apparaissent, et elles vous aident à mieux planifier vos entraînements, votre récupération… et vos rendez-vous.

Chez la sportive, un cycle qui devient irrégulier ou des règles qui disparaissent ne sont jamais anodins : ce sont des signaux à ne pas ignorer (j’en parle dans mon article sur le syndrome RED-S).

Et sous contraception hormonale ?

Les repères ci-dessus décrivent le cycle naturel. Les contraceptions hormonales le modifient : selon la méthode, l’ovulation peut être bloquée et les saignements ne sont pas toujours de véritables règles. Pour toute question sur votre contraception ou sur un traitement hormonal, rapprochez-vous de votre médecin ou de votre gynécologue : ces traitements sont parfois nécessaires et utiles.

Femme prenant sa pilule contraceptive, illustration de la contraception hormonale et de son effet sur le cycle

Quand consulter ?

Un cycle qui sort des repères ci-dessus n’est pas forcément grave, mais il mérite un avis médical (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme). Pensez à consulter si vous observez :

  • des cycles inférieurs à 21 jours ou supérieurs à 35 jours (hors contraception hormonale), ou très irréguliers ;
  • une absence de règles depuis plus de 3 mois, en dehors d’une grossesse ou de la ménopause ;
  • des règles très abondantes ou qui durent plus de 8 jours (protection à changer toutes les une à deux heures, gros caillots, fatigue inhabituelle) ;
  • des saignements entre les règles ou après les rapports ;
  • des règles douloureuses qui vous empêchent de travailler, d’étudier ou de bouger, qui ne cèdent pas aux antalgiques habituels ou qui s’aggravent avec le temps ;
  • des douleurs pelviennes en dehors des règles, des douleurs pendant les rapports, ou des troubles digestifs ou urinaires qui reviennent au moment des règles.
Règles douloureuses : une femme se tient le ventre, signe qu'un avis médical peut être utile

Des règles très douloureuses ne sont pas normales. Plusieurs troubles hormonaux peuvent être en cause, et seul un bilan médical permet de les identifier : je les présente ci-dessous. Les principaux troubles du cycle (absence de règles, règles douloureuses, saignements anormaux, syndrome prémenstruel) feront l’objet de prochains articles.

Quand le cycle révèle un trouble hormonal

Un cycle perturbé n’est pas toujours un phénomène isolé : il peut être le signe d’un trouble hormonal sous-jacent. Voici les situations que je rencontre le plus souvent. Le diagnostic reste médical (médecin, gynécologue, endocrinologue ou médecin du sport selon les cas).

  • Endométriose et adénomyose : règles très douloureuses, douleurs pelviennes en dehors des règles, douleurs pendant les rapports, troubles digestifs ou urinaires qui reviennent avec le cycle. L’endométriose concerne environ une femme sur dix en âge de procréer, et le diagnostic arrive trop souvent après plusieurs années. L’adénomyose en est proche : la muqueuse de l’utérus s’installe dans sa paroi, avec souvent des règles abondantes et douloureuses.
  • SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) : cycles longs ou irréguliers, ovulation rare ou absente, parfois acné, pilosité excessive ou difficulté à concevoir. Le diagnostic repose sur un bilan hormonal et une échographie.
  • RED-S (déficit énergétique relatif dans le sport) : chez la sportive, un apport énergétique insuffisant par rapport à la dépense dérègle les hormones. Cycles irréguliers ou absence de règles, fatigue persistante, blessures à répétition, fractures de fatigue… Je détaille ce syndrome dans mon article dédié.
  • Préménopause et ménopause : dès la mi-quarantaine pour beaucoup de femmes, les cycles deviennent plus courts, plus longs ou plus irréguliers, parfois avec des bouffées de chaleur, un sommeil perturbé ou des douleurs articulaires. On parle de ménopause après 12 mois consécutifs sans règles.

Comment je vous accompagne au cabinet

Séance de chiropraxie au cabinet d'Ophélie Rémont, chiropracteur à l'Étang-Salé, pour des douleurs lombaires et pelviennes

La chiropraxie n’agit pas sur les hormones, ne régule pas le cycle et ne remplace jamais un suivi médical ou gynécologique.

Mon rôle est ailleurs : prendre en charge les douleurs structurelles qui accompagnent souvent le cycle et les troubles hormonaux, comme les douleurs lombaires, les douleurs du bassin et des hanches, ou les tensions dorsales et cervicales. En consultation, je m’intéresse à votre cycle pour comprendre à quel moment vos douleurs apparaissent et adapter ma prise en charge en conséquence.

Je vous propose une approche non médicamenteuse, en complément de votre suivi et non à sa place : les antalgiques et les traitements hormonaux restent parfois nécessaires. Je travaille régulièrement avec des gynécologues, des kinésithérapeutes pelviens et des acupuncteurs pour que votre accompagnement soit le plus complet possible, et je vous oriente sans attendre vers le bon professionnel lorsque les signes décrits plus haut apparaissent.

Si vous souhaitez en parler, je vous reçois au cabinet de chiropraxie de l’Étang-Salé.

Pour aller plus loin

À écouter pour aller plus loin : Blandine L’Hirondel, gynécologue et athlète de trail, explique dans ce podcast comment les hormones influencent le corps des sportives : phases du cycle, blessures, syndrome prémenstruel, RED-S, périménopause.

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