
Les traileurs font partie des patients que je vois régulièrement au cabinet. À un mois du départ du Grand Raid, la plupart sont encore dans leur dernier gros bloc d’entraînement, avant l’affûtage. C’est justement à ce moment-là qu’une question revient souvent : « Est-ce que je devrais faire un bilan avant la course ? »
Pourquoi les dernières semaines précédant le Grand Raid sont justement le bon moment pour consulter un chiropracteur ?
Ce que le trail impose vraiment au corps
Le Grand Raid n’est pas une course comme les autres. Sur la Diagonale des Fous, ce sont plus de 150 km et près de 10 000 m de dénivelé positif qui attendent les coureurs, avec des montées et des descentes techniques enchaînées pendant plus de 24 heures. Même sur des formats plus courts comme la Mascareignes ou le Métis Trail, l’enchaînement de terrains irréguliers, de pierriers et de sentiers escarpés soumet le corps à des appuis asymétriques répétés, bien loin de ce qu’on rencontre sur une route ou un stade.
À l’entraînement, le corps a l’habitude de compenser. Un léger déséquilibre du bassin, une restriction de mobilité au niveau d’une hanche ou d’une cheville, une jambe qui travaille un peu plus que l’autre : sur des sorties de préparation, ça passe souvent inaperçu. Mais sur un effort de plusieurs dizaines d’heures, ces petites compensations s’accumulent et peuvent devenir le point de départ d’une douleur, voire d’un abandon.
Ce qu’un bilan chiropratique permet de repérer avant le départ
C’est exactement ce que je regarde lors d’un bilan avec un traileur qui prépare une course :
- Les déséquilibres du bassin et de la colonne vertébrale qui peuvent déséquilibrer la foulée sur la durée
- Les restrictions de mobilité au niveau des hanches, des chevilles ou des genoux, souvent invisibles au quotidien mais limitantes sur un ultra
- Les asymétries entre le côté droit et le côté gauche, qui expliquent parfois pourquoi une douleur revient toujours du même côté
- L’état général de la mobilité articulaire, pour vérifier que le corps est prêt à encaisser des heures d’appuis répétés sur terrain technique
L’objectif n’est pas de « réparer » une blessure à la dernière minute, mais d’identifier en amont ce qui pourrait fragiliser la course, pendant qu’il est encore temps d’agir dessus.

Les motifs de consultation les plus fréquents chez les traileurs
Chez les patients qui préparent une course, certains motifs reviennent régulièrement au cabinet :

- Les douleurs de genou (syndrome de l’essuie-glace, syndrome fémoro-patellaire…)
- Les tendinopathies d’Achille
- Les antécédents d’entorses de cheville
- La fasciite plantaire (douleur sous la voûte plantaire)
- Les tendinopathies du moyen fessier
- Les douleurs lombaires ou sacro-iliaques
- Les pubalgies (douleurs dans l’aine)
- La périostite tibiale
- Le bilan de prévention sportif pour éviter l’apparition de douleur
Les conseils que je peux vous donner au cabinet
Un bilan, c’est aussi l’occasion d’aborder ce qui se joue autour de la course, pas seulement l’articulation ou le muscle qui fait mal :
- La nutrition et l’hydratation en course
- La gestion des derniers jours avant le départ (sommeil, stress, organisation logistique)
- Des exercices de renforcement ciblés selon vos points faibles
- Le choix et l’adaptation du matériel
- Les étirements et la mobilité à travailler en amont
- La stratégie de récupération pendant et après la course
Pourquoi c’est justement le bon moment pour consulter
On se dit souvent : « je préfère attendre la dernière semaine pour être sûr d’être au top le jour J » C’est en réalité l’inverse.
Les semaines qui précèdent le Grand Raid sont le moment idéal pour un bilan. Pas la dernière semaine avant le départ, où le corps est en phase d’affûtage, mais bien maintenant, pendant que l’entraînement est encore en cours. Cela laisse le temps de travailler sur ce qui a été repéré, sans improviser un ajustement à quelques jours de l’épreuve.
Autrement dit : plus on attend, moins on a de marge pour corriger quoi que ce soit avant le jour J.
Vous préparez une course du Grand Raid ?
Que vous visiez la Diagonale des Fous, le Trail de Bourbon, la Mascareignes, le Zembrocal ou le Métis Trail, un bilan chiropratique avant le départ permet de partir sur des bases solides plutôt que de découvrir une fragilité à la moitié de la course.
Vous pouvez aussi relire mon article sur comment préserver ses genoux en descente pour compléter votre préparation.
Prenez rendez-vous dès maintenant pour un bilan avant votre course : les prochaines semaines sont le moment idéal pour le faire.
